Les us et coutumes de l’île de la Réunion
Bonzour ! Koman i lé ! Bienvenue à l’île de la Réunion, le pays de la langue créole ! Située au cœur de l’océan Indien, à l’est de Madagascar, l’île de la Réunion est un département français d’outre-mer. Elle forme avec l’île Maurice et Rodrigues l’archipel des Mascareignes. C’est l’une des destinations les plus singulières et idylliques de l’océan Indien, grâce à ses paysages exotiques et paradisiaques. Véritable creuset de populations européennes, asiatiques, malgaches, indiennes et africaines, l’île de la Réunion se distingue par un métissage atypique, aussi bien dans la religion, la gastronomie et la culture que dans les us et coutumes. Son peuple, sympathique et accueillant, vit en harmonie. Vous préparez un voyage à la Réunion ? Suivez-nous dans cet article pour découvrir les trésors culturels et naturels de l’île Bourbon.
Beaucoup de fêtes religieuses sont célébrées par les Réunionnais. En voici les principales :
1. Les fêtes chrétiennes célébrées à l’île de la Réunion
- L’Épiphanie
- Le dimanche des Rameaux
- Pâques
- La Vierge Noire de Sainte-Marie
- L’Ascension du Piton des Neiges
- La Pentecôte
- La Vierge au Parasol
- Les pèlerinages de la Sainte-Croix
- La Toussaint, aussi appelée « fête des Morts »
2. Les fêtes musulmanes
L’Aïd el-Fitr et l’Aïd el-Kébir sont les deux grandes fêtes de l’islam célébrées à l’île de la Réunion.
- L’Aïd el-Fitr (« aïd » signifie « fête » en arabe) marque la fin du ramadan, le mois de jeûne. Pendant le ramadan, les fidèles vivent un temps de partage et de purification ; la fête, célébrée le lendemain, marque un nouveau départ.
- L’Aïd el-Kébir est la fête pendant laquelle les musulmans rendent hommage au prophète Abraham pour sa foi, et à la miséricorde divine. Selon la tradition, Abraham reçut en rêve l’ordre divin de sacrifier son fils Ismaël pour prouver sa foi. Alors qu’il était prêt à l’égorger, l’ange Gabriel est intervenu et l’a empêché de tuer l’enfant. Un bélier retenu dans un buisson fut sacrifié à sa place. Afin de reproduire le geste d’Abraham, les musulmans vont sacrifier un animal, un bœuf, un cabri ou un mouton selon un rituel sacré. L’animal sera partagé en trois parts. Une part sera consommée par la famille lors d’un grand festin. Une autre part sera donnée aux proches. Et la dernière part sera réservée aux pauvres.
3. La fête indienne la plus populaire à l’île de la Réunion
Le Dipavali, fête de la lumière
Voulez-vous voir l’île de la Réunion illuminée dans toute sa splendeur ? Alors, ne ratez pas le Dipavali, encore appelé Diwali ou Deepavali, la fête des Lumières ! C’est une fête indienne tamoule célébrée par les hindous du monde entier en octobre ou en novembre. Vous allez assister à une procession nocturne pendant laquelle les femmes en sari et les hommes en sherwani défilent avec des bougies. Partout, les rues sont décorées de lampes en terre cuite. Les Malbars ou Indiens tamouls réunionnais célèbrent le Dipavali en symbole de la victoire du bien sur le mal et en hommage à la déesse Lakshmi, déesse de la lumière et de la prospérité. Les croyants se rendent au temple tôt le matin afin de prier pour le bonheur et l’abondance de leurs foyers. Comme tous les visiteurs, vous pourrez admirer les magnifiques façades des temples. Cette fête est une occasion pour les voisins et les amis de se rendre visite et d’échanger des pâtisseries. Profitez de cette célébration de 2 à 5 jours pour assister à des défilés, à des dégustations de repas réunionnais, de samoussas, à des feux d’artifice ! Découvrez les danses et les musiques traditionnelles indiennes qui rendent cette fête unique au monde !
La marche sur le feu, une cérémonie chargée de significations
La marche sur le feu vient de croyances hindoues et s’est développée sur l’île après 1848. Elle est reliée à une cérémonie religieuse hindoue, originaire de la région du Tamil Nadu. La marche sur un brasier est pratiquée le dimanche ou pendant les jours fériés surtout entre novembre et début février aux alentours de Saint-André et de Saint-Pierre, lieux de résidence des Tamouls. Les fidèles pratiquent cette cérémonie en hommage à la déesse Pandialé, qui aurait triomphé des flammes pour prouver sa fidélité. La cérémonie est précédée d’une période de purification de 18 jours de carême et d’abstinence. Lors de la cérémonie, les croyants vont réaliser des rituels et des offrandes aux quatre points cardinaux. Au moment culminant, le prêtre, suivi des fidèles les plus courageux, traverse pieds nus un tapis de braises long de six mètres et d’une largeur de quatre mètres. Le roulement des tambours marque la procession des fidèles jusqu’à leur traversée dans la braise. Les pénitents peuvent rafraîchir leurs pieds échaudés dans un petit bassin de lait se trouvant après le tapis de braise. Ils contournent à nouveau le feu par la droite puis reviennent au point de départ. Selon la coutume, le brasier doit être traversé à trois reprises. La marche sur le feu est un défi à la douleur et à la souffrance, mais aussi une démonstration de foi.
Le carnaval Grand Créole ou Grand Boucan
Si vous avez la chance de séjourner en avril ou en juin à l’île de la Réunion, vous assisterez à l’incontournable carnaval Grand Créole ou le Grand Boucan. C’est une festivité marquée par l’esprit d’échange, de convivialité et de partage qui rapproche les peuples de différentes origines. Il se déroule dans les rues de Saint-Gilles-les-Bains, à 40 km au sud-ouest de l’aéroport de Saint-Denis. Organisée par l’association Pôle Sud, la fête se déroule dans une ambiance chaude et riche en couleurs et la ville brille de mille feux ! Chars géants, musique au rythme des tambours, costumes colorés : le défilé fait la joie des participants et des milliers de visiteurs originaires des quatre coins de l’île. À la tête du défilé se trouve un personnage particulier connu sous le nom de roi Dodo. Le trajet se poursuit dans la station balnéaire de Saint-Gilles-les-Bains. Ne manquez pas les concerts donnés au bord de l’océan, mais surtout le moment le plus intense où le roi Dodo finit brûlé sur la plage des Roches Noires !
Le bonheur de vivre dans le pique-nique réunionnais
Le dimanche, place aux bons vivants : famille et amis se réunissent pour passer du temps ensemble dans un cadre naturel autour d’un véritable festin gastronomique et au son de la musique. La cuisson se fait au feu de bois dans de grosses marmites. Les repas de pique–nique sont souvent consistants et peuvent comprendre un apéritif, des crudités, de la salade, du riz et de la viande. Le zembrocal et le rougail saucisse sont des plats typiques du pique-nique. La cuisine réunionnaise dérive d’un mélange harmonieux de la cuisine malgache, asiatique, indienne, africaine et européenne. Connaissez-vous le cari ? C’est le plat principal de l’île, à base de viande ou de poisson, servi avec du riz, des brèdes, des légumes ou des haricots rouges. Avez-vous déjà goûté le rougail, préparé à base de fruits ou de légumes ? Servi en accompagnement du cari, il donne un goût délicieux à l’ensemble du plat. Le civet de canard et le pâté créole sont aussi des spécialités à ne pas manquer. Terminez vos repas copieux avec des fruits exotiques du pays comme les letchis label rouge, l’ananas Victoria et la mangue. Faites-vous plaisir avec quelques douceurs comme les beignets de banane ou le gâteau patate. L’après-midi est consacré à la détente, aux loisirs entre copains, aux jeux de société, à une baignade, à une plongée sous-marine ou à des randonnées.
Selon l’Office national des forêts, l’île de la Réunion compte quelque 350 aires de pique-nique. Plus de 2 millions de personnes les visitent chaque année ! Les aires de pique-nique sont souvent aménagées dans une végétation sublime pour attirer les touristes. Kiosques, robinets, toilettes, poubelles et emplacements pour le feu y sont prévus. Par exemple, l’aire du Tabac avec vue imprenable sur Trois Bassins et la Saline est accessible par la route des Tamarins. Le parc des oiseaux, à L’Étang-Salé, met à disposition des pique-niqueurs quelques kiosques, des tables et des robinets d’eau ! Ils peuvent aussi se reposer sous les grands arbres. Arrivez plus tôt pour avoir un emplacement ombragé ou un kiosque avant les autres !
Accompagnez vos plats épicés d’un jus de fruits pressé ou d’une bière locale (la Bourbon ou la Fischer). Les plus courageux se serviront un verre de rhum réunionnais ou de vin de Cilaos, comme le fameux vin d’Isabelle.
Batay coqs ou les combats de coqs
Si aux États-Unis le catch rassemble des foules avides de spectacle, à l’île de la Réunion, vous pourrez également assister à un combat particulier qui anime et agite les spectateurs les samedis après-midi. Le combat de coqs serait arrivé avec les travailleurs indiens, après l’abolition de l’esclavage. Lors du duel, deux coqs domestiques entraînés et préparés pour l’endurance s’affrontent dans une aire délimitée appelée gallodrome. Cette tradition reste encore conservée jusqu’à nos jours. Elle est jugée barbare par les défenseurs des animaux en raison des souffrances et de la mort qu’elle peut entraîner. Les coqs se donnent des coups d’ergot limés aussi tranchants qu’une lame. À l’île de la Réunion, la bataille de coqs ressemble plutôt à une démonstration de force et d’endurance sans la mise à mort vers la fin du duel comme dans les autres pays. Les coqs pèsent de 2,8 à 4 kg. Il existe cinq aires de combats ou gallodromes homologuées et approuvées par la préfecture à l’île de la Réunion : le gallodrome de Saint-Denis, de Saint-Pierre, de Saint-André, de Saint-Benoît et le gallodrome du Port.
Les championnats se déroulent habituellement de la mi-octobre jusqu’au mois de mars. Les spectateurs sont nombreux et peuvent atteindre 700 personnes. L’entrée est gratuite. Les parieurs jouent leurs mises avec des billets en espèces qu’ils confient au gérant du gallodrome. Les coqs de combat sont une affaire lucrative pour les éleveurs : un coq peut se vendre jusqu’à 3 000 euros. Les propriétaires, habituellement, gardent les coqs de combats comme reproducteurs après leurs derniers combats pour perpétuer leur lignée de champions.
Le kabar, une manifestation culturelle exceptionnelle à l’île de la Réunion
Le kabar, ou kabaré, ou service kabaré est une fête traditionnelle qui commémore l’abolition de l’esclavage en 1848. Le 20 décembre, dans toute l’île, on le célèbre le soir autour d’un grand feu, avec des danseurs et des chanteurs accompagnés de musique traditionnelle comme le maloya. D’origine malgache, cette fête était à l’origine dédiée aux esprits qui permettaient aux vivants de communiquer avec leurs ancêtres. Afin d’assurer la transmission culturelle, des débats racontant l’histoire de l’esclavage sont actuellement incorporés dans la tradition orale du kabar avec le « kabar laparol ».
La danse et la musique traditionnelles de l’île de la Réunion
Voulez-vous vivre à fond votre bain de culture et être emporté par le folklore traditionnel réunionnais ? Découvrez le maloya et le séga. Le maloya est né chez les esclaves venus d’Afrique et de Madagascar, puis s’est enrichi des apports des travailleurs indiens : un chant de révolte et d’espoir. Ce chant fut pratiqué en secret au fond des exploitations sucrières et fut transmis de génération en génération. Longtemps mal vu, voire interdit dans l’espace public, il est inscrit depuis 2009 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.
Le séga est apparu à la même époque que le maloya. Il vient du rythme des tam-tams et des tambours africains. Les Réunionnaises le dansent vêtues d’une longue jupe cloche, en ondulant des hanches, et tournent sur elles-mêmes et autour de leur partenaire.
Pour garder leur caractère traditionnel, le séga et le maloya se jouent toujours avec des instruments traditionnels comme le roulèr et le kayamb. La batterie et la guitare sont venues s’y ajouter plus tard.
Le moringue
Appartenant à la culture cafre, c’est-à-dire des créoles d’origines africaines, le moringue est une danse-combat artistique inventée par les esclaves venus de Madagascar et d’Afrique travailler dans les exploitations de l’île à partir du milieu du XVIIIe siècle. C’est un sport réglementé, pratiqué aussi bien par les garçons que par les filles. Il connaît de nouveau un engouement auprès de la jeunesse réunionnaise. Il se pratique à mains nues : les combattants peuvent donner des coups de pied, de genou ou de tête, mais pas de corps-à-corps. Le sport aux mouvements spectaculaires est pratiqué aux sons des percussions et selon des techniques martiales spécifiques. Les combattants portent une chemise et un pantalon blancs, ou luttent souvent torse nu.
La chasse au tangue
La tangue ou « tenrec ecaudatus » est un petit mammifère ressemblant à un hérisson couvert de poils bruns avec des piquants sur la nuque qui peuvent se redresser. Il est une espèce originaire et endémique de Madagascar. Il a été introduit à la Réunion au XIXe siècle. C’est un insectivore inoffensif de 25 à 40 cm de long. Doté d’un museau pointu, il enfonce dans la terre son groin mobile pour chercher de la nourriture comme les vers blancs qui parasitent les champs de cannes. Il hiberne pendant la saison sèche. Pendant la journée, il reste dans son terrier et ne sort qu’en fin d’après-midi et la nuit. Sa chair bien grasse au fort goût de gibier est très appréciée en cari ou en civet. Pesant un peu moins d’un kilo, il se vend de 10 à 15 € pièce. La chasse au tangue est réglementée : pour protéger l’espèce, elle n’est ouverte que deux mois par an, de mi-février à mi-avril. Le chasseur est aidé par son chien pour repérer son terrier. Aucun fusil ni aucune autre arme n’est utilisé pour le capturer.
La pêche aux bichiques
Connaissez-vous le cari aux bichiques, un mets digne d’un roi à l’île de la Réunion ? Ce n’est pas un hasard si le kilo de ce précieux petit poisson se vend à 45 € sur les étalages. Les bichiques sont les alevins des cabots : leurs œufs, pondus dans les rivières de l’est, du nord et du sud de l’île, sont entraînés par le courant et éclosent en mer. Arrivés à leur stade de bichiques, les alevins se regroupent et remontent les rivières à chaque changement de lune. La pêche peut alors commencer. Les bichiques sont de couleur rose et transparente dans l’eau de mer. En revanche, ils deviennent gris et opaques dans l’eau douce. Pour les capturer, les pêcheurs utilisent des vouves qui sont des nasses fabriquées avec des fibres de palmes de mouffias ou de cocotiers. La grande fête des bichiques se déroule chaque année à l’embouchure de la rivière des Roches le premier week-end d’octobre.
Les beautés incontournables de l’île de la Réunion
Il est impossible d’apprécier la beauté culturelle d’un pays sans s’intéresser à sa splendeur naturelle ! Pour que votre voyage soit complet, explorez le site le plus visité de la Réunion, le Piton de la Fournaise ! Ce géant de feu, l’un des volcans les plus actifs au monde, entre régulièrement en éruption. Il se trouve au Sud-Est de l’île de la Réunion et culmine à 2 632 mètres. Âgé d’au moins 500 000 ans, il fait partie du parc national de La Réunion, dont les pitons, cirques et remparts sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec son voisin, le Piton des Neiges, un autre volcan réunionnais. La Réunion a le privilège de compter trois cirques exceptionnels, accolés au Piton des Neiges et qui sont de véritables réserves naturelles. Il s’agit de Salazie, Mafate et Cilaos qui possèdent une biodiversité riche et unique. Ils comptent parmi les plus beaux endroits de l’île avec des sentiers de randonnées, de splendides paysages, des îlets encore méconnus, une nature sauvage, des jardins et des cases créoles. Pour arriver au sommet du Piton, il faudra traverser la Plaine des Sables, un désert lunaire couvert par du sable de couleur orange et marron, provenant de la solidification des coulées de lave. Les randonneurs empruntent un sentier balisé côté nord pour atteindre un point d’observation absolument magnifique.
Situé sur un plateau calé entre le massif du Piton des Neiges et celui du Piton de la Fournaise se trouve le village de la Plaine des Cafres. Il est séparé du plateau de la Plaine des Palmistes par le Col de Bellevue qui culmine à 1 606 mètres. La plaine doit son nom aux Cafres, esclaves venus jadis du Mozambique et de la côte est de l’Afrique.
En passant dans le couloir intervolcanique, entre le massif du Piton de la Fournaise et le Piton des Neiges, visitez la commune de la Plaine des Palmistes pour vous reposer et goûter aux spécialités de la région. En poursuivant votre quête, vous découvrirez l’Enclos Fouqué, une vaste caldeira en forme de U, née de l’effondrement du volcan, d’où ses immenses remparts. Si vous aimez l’équitation, vous parcourrez un paysage luxuriant en suivant un parcours équestre qui vous amène jusqu’au Pas de Bellecombe.
Êtes-vous un adepte du canyoning ? Le Trou de Fer est un gouffre ouvert de 300 mètres de profondeur qui fut le résultat de l’effondrement d’une partie du massif du Piton des Neiges. Deux cours d’eau, le Bras de Caverne et la ravine Mazerin, se jettent dans ce profond canyon aux parois verticales vertigineuses. Les cascades offrent un spectacle emblématique à en couper le souffle ! Le Trou de Fer est inaccessible au public. Les aventuriers le survoleront en hélicoptère pour admirer d’en haut la scène époustouflante.
Offrez-vous un moment de détente sur la côte ouest de l’île sous l’ombre des filaos et des cocotiers ! Profitez d’un coucher de soleil magique sur les plages du lagon ou les plages paradisiaques de Boucan Canot ! Vous serez gâtés par leurs immenses étendues de sable blanc. Vous y trouverez tout sur place, des zones de baignade surveillées, des piscines naturelles, des restaurants, des snacks, des hébergements…
Au final, la culture métissée des Réunionnais forme une mosaïque unique, différente de celles de Maurice ou des Seychelles. Sa richesse culturelle et sa biodiversité font de l’île de la Réunion une destination idéale pour vos prochaines vacances.
Préparez dès maintenant votre billet d’avion !