Les us et coutumes de Madagascar
La vie quotidienne des Malgaches
Les Malgaches vivent majoritairement dans les campagnes. Les campagnes restent très traditionnelles, dans leur mode de vie comme dans leur organisation politique : la plupart des décisions y sont encore prises par le conseil des anciens du village.
Les jeunes qui s’opposent à cette domination et ne voient pas d’avenir économique dans leurs villages d’origine sont l’une des principales sources de l’exode rural qui a alimenté la croissance des villes de Madagascar.
Pour les résidents ruraux, les danses et musiques traditionnelles sont une source importante de divertissement.
Dans les zones urbaines, les formes de divertissement varient. Certains Malgaches adhèrent à des vidéoclubs, qui louent et projettent des vidéos. Les films d’action sont très populaires, même si les films sont rarement doublés ou sous-titrés en malgache.
Les habitants les plus pauvres des villes ont toutefois un accès réduit à ce type de divertissement.
La tenue vestimentaire typique à Madagascar varie en fonction du lieu et du statut socio-économique. Les Malgaches qui vivent à la campagne ou dans les quartiers pauvres ou anciens des villes sont plus susceptibles de porter des vêtements traditionnels.

Pour les hommes, il s’agit d’une grande chemise et d’un short ou d’un pantalon long, tandis que les femmes, en particulier celles qui vivent sur le plateau, peuvent porter des robes avec des jupes froncées.
Dans les régions côtières, les femmes portent souvent une jupe enveloppée avec un haut ; un châle rectangulaire, appelé lamba, est également porté, surtout lors des cérémonies.
Les classes moyennes portent fréquemment des vêtements occidentaux, et les blue-jeans sont omniprésents chez les jeunes des villes. Là aussi, cependant, les femmes portent souvent une forme abrégée du lamba, même avec une tenue occidentale.
La plupart des Malgaches, quel que soit leur degré de « modernité », continuent d’observer les coutumes traditionnelles, notamment celles liées au tombeau familial et aux cérémonies de respect des ancêtres de la famille.
La plus courante, à part l’enterrement, est le famadihana, au cours duquel les ossements des ancêtres sont retirés du tombeau familial, enveloppés dans un nouveau lamba spécialement tissé à cet effet, et replacés dans le tombeau après la prononciation d’un kabary.
Le kabary est un discours traditionnel prononcé pour une « occasion spéciale ». On le prononce aussi lors d’autres occasions, allant des mariages à l’ouverture de commerces. Les orateurs qui sont capables de prononcer un bon discours, rempli de proverbes traditionnels appropriés, sont bien payés.
Le gouvernement encourage le mélange d’expressions culturelles anciennes et nouvelles, et un certain nombre de festivals saisonniers ont été promus, notamment le Festival du riz et le Festival des arbres.
Les villes, les églises, les écoles et les groupes privés organisent des concerts ou des danses, et dans les villes, il existe des associations culturelles basées sur les quartiers d’origine de leurs membres.
Les fêtes célébrées à Madagascar comprennent celles observées par la communauté chrétienne au sens large, comme Pâques et Noël, les fêtes musulmanes, ainsi que la fête de l’Indépendance, célébrée le 26 juin, et l’anniversaire de la République, célébré le 30 décembre. Le 29 mars, enfin, commémore les martyrs de l’insurrection de 1947 contre l’armée coloniale française.
Famadihana, le retournement des morts
Les arts
La conquête des peuples du plateau par les Français et leur assimilation subséquente des valeurs occidentales les ont privés de la plupart de leurs institutions traditionnelles.
En musique, cependant, la danse et les instruments de musique occidentaux ont été adaptés aux rythmes malgaches. La cithare à tube, la conque et le tambour à cône sont d’origine indonésienne, tandis que d’autres types de tambours et de cornes d’animaux suggèrent une influence africaine.
La musique folklorique a été conservée, mais la plupart des chants consistent en des hymnes et des chants religieux occidentaux adaptés au style musical malgache distinctif. Plusieurs musiciens et ensembles d’origine malgache, dont Tarika, ont connu une popularité internationale croissante.
Les Mahafaly ont une remarquable industrie de sculpture sur bois, et leurs tombes de pierres colorées et de poteaux en bois sculpté sont parmi les plus belles de l’île.
Les compétences des Zafimaniry en matière de travail du bois, illustrées par leurs motifs sculptés élaborés, sont également réputées ; leur savoir-faire du bois est inscrit par l’UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Les Betsileo ont également une industrie florissante de sculpture sur bois, fabriquant des meubles incrustés dans des bois durs de grande valeur. Ils produisent en outre des tissus décoratifs en raphia très finement tissé et se sont spécialisés dans la fabrication de chapeaux de paille colorés.
Les femmes betsileo et merina, en particulier, sont expertes en broderie, couture et confection à la française.
La langue malgache est riche en proverbes et il existe aujourd’hui une vaste littérature écrite comprenant de la poésie, des légendes, de l’histoire, des ouvrages traitant de thèmes contemporains et des ouvrages savants.
La production littéraire est favorisée par une excellente industrie de l’imprimerie, pour laquelle les Merina ont fait preuve de talent depuis qu’ils l’ont apprise de la London Missionary Society dans les années 1820.
Les peuples du sud-est conservent toujours avec un grand respect leurs manuscrits sorabes, des discours écrits en caractères arabes sur la géomancie, l’astrologie, l’histoire et le savoir traditionnel ; peu d’entre eux ont plus de 200 ans, bien que certains puissent être des copies de manuscrits beaucoup plus anciens.
Côté institutions culturelles, les principales bibliothèques et musées, à Antananarivo, comprennent la Bibliothèque nationale, la Bibliothèque municipale et les Archives nationales. Il y a également la bibliothèque de l’Académie malgache, la bibliothèque universitaire et le musée universitaire.
Il existe des collections muséales sur la culture et l’archéologie malgaches. Les collections de sciences naturelles comprennent un zoo avec des animaux uniques à Madagascar. Plusieurs sites malgaches de grande valeur culturelle et naturelle sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Parmi ceux-ci, on peut citer la colline royale d’Ambohimanga, située près d’Antananarivo, qui contient une cité royale, un cimetière et un certain nombre de sites sacrés.
On peut citer aussi les forêts humides de l’Atsinanana, six parcs nationaux de l’est de l’île, et la réserve naturelle intégrale des Tsingy de Bemaraha, dans l’ouest.
Avec leurs forêts, leurs marécages, leurs lacs et leurs sommets, ces sites abritent une partie de la faune rare et menacée de Madagascar.
Découvrons l’histoire et l’univers des Zafimaniry : coutumes, mode de vie, activités
Sports et loisirs
Les Malgaches aiment pratiquer de nombreux sports, dont six sont au cœur des compétitions scolaires et amateurs du pays : le football, la boxe, l’athlétisme, le judo, le basket-ball féminin et le tennis féminin.
Les athlètes malgaches ont excellé dans ce dernier sport en particulier, avec deux sœurs, Dally Randriantefy et Natacha Randriantefy, qui ont participé à des compétitions internationales telles que l’US Open et les Jeux olympiques.
Madagascar a fait ses débuts olympiques en 1964 aux Jeux de Tokyo. Le pays a également envoyé des équipes nationales aux Jeux africains, et des athlètes malgaches ont participé à la Coupe du monde d’athlétisme en tant que membres d’équipes panafricaines.
Les amateurs de sports de plein air et les amoureux de la nature sont attirés par le littoral de Madagascar, qui s’étend sur près de 5 000 km.
Les sports traditionnels
Le moraingy
Cette lutte se pratique dans les villages de la côte, notamment chez les Sakalava, où elle est très répandue. On se rassemble régulièrement entre groupes pour combattre. Les assauts sont de courte durée. Il est plus question de courage et de respect de l’adversaire que de violence. Le règlement est simple : tous les coups sont permis sauf ceux portés aux yeux, à la gorge et sous la ceinture.
Le diamanga
Sport de combat traditionnel des hautes terres, le diamanga avait disparu de Madagascar avant de renaître de ses cendres. Il présente une étonnante parenté avec la capoeira brésilienne. Cette renaissance est née d’une collaboration avec le Réunionnais Ndrenaza René, champion de France de savate en 1992.
Le kidramadrama, une corrida à la Nosy Be
Le mpiavaka exécute une passe digne d’un toréador
Le zébu occupe une place sociale et économique importante chez les Malgaches. Les habitants de Nosy Be ne dérogent pas à ce constat. Affronter à mains nues l’animal apparaît donc comme logique, afin de montrer sa force et sa suprématie.
Une corrida sans mise à mort du taureau. Vers 1949, des immigrés comoriens débarqués avec quelques Espagnols sur l’île aux Parfums y introduisirent le « kidramadrama », une sorte de tauromachie où l’on excite la bête avec un lambahoany (paréo) et on la fatigue jusqu’à ce qu’elle abandonne.
Le spectacle se termine par une démonstration de force des combattants agrippés, tantôt à la bosse tantôt aux cornes, se tenant le plus longtemps possible sur l’animal en furie. Le but est d’avoir à l’usure cette force brute qui leur est opposée. La victoire est acquise quand le zébu, dépité et épuisé, tente de fuir de l’arène.
Le ringa, lutte malgache des Antandroy
Le ringa est un sport traditionnel malgache du Sud, une forme de lutte qui se pratique essentiellement lors des fêtes coutumières (circoncision, exhumation…) ou durant les jours de marchés aux zébus.
C’est le moment où les jeunes hommes tentent de prouver leur virilité face aux jeunes filles, autrement dit leur capacité à prendre des responsabilités. Séduire et convaincre : tel est le but de ce sport traditionnel, qui oppose deux combattants torse nu, les « fagnorolahy » ou « kidabolahy ».
C’est un combat à mains nues, le but du jeu étant de projeter son adversaire au sol, sans lui porter de coup, mais par une brève série de prises dont le secret se transmet de génération en génération. Moins brutale que le moraingy, c’est un sport qui requiert ruse, agilité, rapidité et souplesse, une autre façon d’éduquer les jeunes gens. Enfin, c’est aussi une façon de se défendre contre les voleurs de zébu, ou de s’emparer du zébu des autres, symbole de puissance et de richesse.
Madagascar et ses 18 ethnies
Par la richesse de ses 18 ethnies connues, Madagascar recèle bien des mystères qu’il serait impossible de tous révéler ici, en quelques lignes. Ce « huitième continent » est à la croisée de l’Asie et de l’Afrique. Les premiers habitants seraient arrivés il y a environ deux mille ans, non pas d’Afrique par le canal du Mozambique, mais de l’autre côté de l’océan Indien, de Bornéo, dans l’actuelle Indonésie. Durant vingt siècles, l’île a accueilli des peuples venant d’horizons divers : Afrique, Sud-Est asiatique, Moyen-Orient, Europe, pour créer la société pluriculturelle malgache d’aujourd’hui.
Pour vous faire découvrir la diversité culturelle de l’île Rouge, nous présenterons dans nos prochains articles les us et coutumes de chaque région.